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Érythrée : information sur le traitement que réservent les autorités aux chrétiens évangéliques et pentecôtistes, y compris aux membres de l'Église Mulu Wongel [Plein Évangile]; information sur les cas d'arrestation et de détention de membres de l'Église Mulu Wongel à Asmara (2002-octobre 2014)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 27 October 2014
Citation / Document Symbol ERI104987.EF
Related Document(s) Eritrea: Treatment of Evangelical and Pentecostal Christians by authorities; including members of the Mulu Wongel [Full Gospel] Church; incidents of arrests and detention of Mulu Wongel Church members in Asmara (2002-October 2014)
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Érythrée : information sur le traitement que réservent les autorités aux chrétiens évangéliques et pentecôtistes, y compris aux membres de l'Église Mulu Wongel [Plein Évangile]; information sur les cas d'arrestation et de détention de membres de l'Église Mulu Wongel à Asmara (2002-octobre 2014), 27 October 2014, ERI104987.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/55acc8664.html [accessed 20 September 2018]
DisclaimerThis is not a UNHCR publication. UNHCR is not responsible for, nor does it necessarily endorse, its content. Any views expressed are solely those of the author or publisher and do not necessarily reflect those of UNHCR, the United Nations or its Member States.

1. Aperçu de la situation des Églises chrétiennes non enregistrées en Érythrée

En 2002, le gouvernement de l'Érythrée a ordonné à tous les groupes religieux autres que les quatre religions reconnues officiellement de s'enregistrer auprès de l'État (É.-U. 30 avr. 2014, 55; AI 5 sept. 2007; chef d'équipe 16 oct. 2014). Les quatre religions officiellement reconnues sont l'Église orthodoxe, l'Église catholique, l'Église luthérienne et l'islam sunnite (ibid.; AI 5 sept. 2007; É.-U. 30 avr. 2014, 55). Selon la Commission américaine sur la liberté religieuse dans le monde (Commission on International Religious Freedom - USCIRF), [traduction] « aucun groupe religieux n'a été enregistré depuis 2002 », malgré le fait que plusieurs groupes aient présenté des demandes en ce sens (É.-U. 30 avr. 2014, 55). Selon cette même source,

[traduction]

[p]ar suite de l'obligation d'enregistrement imposée par le gouvernement et de l'inaction de ce dernier par rapport aux demandes, aucun des groupes religieux en Érythrée, à l'exception des quatre sanctionnées par l'État, ne bénéficie de l'assise juridique qui lui permettrait de pratiquer sa religion publiquement, y compris de tenir des assemblées de prière ou des mariages (ibid.).

Amnesty International (AI) explique que ces [traduction] « "minorités religieuses" avaient des lieux de culte reconnus […] jusqu'à ce que le gouvernement les ferme en 2002 » (7 déc. 2005, 4).

Selon le Catalogue of Religious Persecution Since 2003, publié par Solidarité chrétienne dans le monde (Christian Solidarity Worldwide - CSW), une organisation de défense des droits de la personne établie au Royaume-Uni et se spécialisant dans le domaine de la liberté religieuse (CSW s.d.), à compter de mai 2014,

[traduction]

la persécution religieuse des chrétiens d'Églises « non enregistrées » se poursuit sans répit en Érythrée. Des membres des Églises clandestines révèlent que plus de 1 000 personnes sont encore prisonnières depuis des périodes allant de quelques mois à 10 ans. De nombreuses autres encore sont détenues brièvement puis libérées après une certaine période d'emprisonnement et avec le sévère avertissement de ne pas participer aux activités religieuses d'Églises « non enregistrées ». Les personnes qui ont été emprisonnées pendant plus longtemps puis qui ont été libérées perdent leur emploi et sont incapables d'en trouver un autre, vu l'économie monopolisée par le gouvernement qui les a emprisonnées en raison de leur foi. Une fois libérées, nombre d'entre elles fuient le pays, craignant une autre arrestation ou la pauvreté. Les villes de Barentu, à l'Ouest, d'Adiquala, au Sud, et de Dekemhare, près d'Asmara, sont réputées compter le plus grand nombre de prisonniers d'opinion chrétiens (CSW 2014, 19).

Des sources signalent qu'entre 1 200 et 3 000 chrétiens sont actuellement emprisonnés (chef d'équipe 16 oct. 2014; WWM 30 mai 2013).

Pour plus de renseignements sur le traitement réservé aux membres de groupes religieux tant reconnus que non reconnus (non enregistrés) en Érythrée jusqu'en 2013, y compris les Églises chrétiennes non enregistrées, veuillez consulter la réponse à la demande d'information ERI104541.

2. Traitement réservé aux chrétiens évangéliques et pentecôtistes en Érythrée de 2012 à 2014

Selon l'International Religious Freedom Report 2013, publié par le Département d'État des États-Unis, dans lequel sont cités des renseignements fournis en 2010 par la Fiducie caritative Pew (Pew Charitable Trust), une ONG internationale, les protestants, qui englobent plusieurs confessions, y compris les pentecôtistes, représentent 1 p. 100 de la population érythréenne (É.-U. 28 juill. 2014, 1). Selon AI, [traduction] « [l]es Églises protestantes évangéliques, pentecôtistes, charismatiques ou "born again" » sont collectivement appelées « les évangéliques (ou, parfois, "pentes", un terme péjoratif) » (AI 7 déc. 2005, 4). Selon cette même source, depuis que des restrictions ont été imposées aux groupes religieux,

[traduction]

les Églises évangéliques connaissent une croissance rapide en Érythrée. Cela a souvent été une source de tension entre elles et les trois principales Églises chrétiennes, ces dernières voyant des membres les quitter pour se joindre aux premières (ibid., 6).

Selon l'USCIRF, la campagne du gouvernement contre les Églises non enregistrées [traduction] « vise fréquemment les chrétiens évangéliques et pentecôtistes », et « les forces policières érythréennes procèdent à des arrestations collectives d'adeptes de ces confessions, y compris lors d'assemblées de prière et de cérémonies religieuses clandestines » (É.-U. 30 avr. 2014, 55). De même, dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, le chef d'équipe pour l'Afrique et le Moyen-Orient chez CSW [1] a précisé que la campagne du gouvernement contre les Églises non enregistrées [traduction] « ciblait particulièrement » les chrétiens évangéliques et pentecôtistes selon « des vagues de diverse intensité » depuis 2002 (chef d'équipe 16 oct. 2014).

Des sources signalent que des membres de l'Église évangélique et pentecôtiste :

sont arrêtés (AI mai 2013, 21; Nations Unies 28 mai 2013, paragr. 65; É.-U. 30 avr. 2013, 4; Human Rights Watch avr. 2009, 59);

sont torturés (ibid., 59-60; WEA 29 nov. 2010; Nations Unies 28 mai 2013, paragr. 65);

sont persécutés (ibid.; chef d'équipe 16 oct. 2014);

se voient refuser des services administratifs, comme la délivrance d'une carte d'identité nationale (Nations Unies 28 mai 2013, paragr. 65);

subissent des pressions pour abjurer (ibid.; AI mai 2013, 23; É.-U. 30 avr. 2014, 56).

Selon AI, les personnes appréhendées pour avoir pratiqué une religion non enregistrée sont détenues pour des périodes variables, allant de plusieurs semaines ou mois à des années, et [traduction] « [l]es chefs religieux, comme les pasteurs et les prédicateurs, sont souvent ceux qui sont détenus le plus longtemps » (AI mai 2013, 13, 21). Des sources signalent que les prisonniers religieux sont souvent détenus au secret, sans inculpation ni accès à des avocats (ibid.; É.-U. 30 avr. 2014, 56). Des sources déclarent aussi que les prisonniers religieux sont enfermés dans des conteneurs de métal ou dans des cellules souterraines (AI mai 2013, 23; chef d'équipe 16 oct. 2014; É.-U. 30 avr. 2014, 56) et qu'ils sont exposés à des températures extrêmes (ibid.). Il est aussi dit que les traitements médicaux sont refusés aux prisonniers religieux (AI 5 sept. 2007; chef d'équipe 16 oct. 2014; CSW 2014, 13). Des prisonniers religieux ont succombé par suite de mauvais traitements et de l'absence de soins médicaux (ibid.; AI mai 2013, 24; chef d'équipe 16 oct. 2014).

Pour de plus amples renseignements sur le traitement que les autorités ont réservé aux chrétiens pentecôtistes et évangéliques jusqu'en 2013, veuillez consulter la réponse à la demande d'information ERI104541.

3. L'Église Mulu Wongel en Érythrée

Selon le chef d'équipe chez CSW, « Mulu Wongel » se traduit par « Full Gospel » [Plein Évangile] en anglais (chef d'équipe 16 oct. 2014). Par ailleurs, selon des renseignements fournis par un représentant du Groupe Érythrée-Canada de défense des droits de la personne (Eritrean-Canadian Human Rights Group - ECHRG) du Manitoba [2], l'Église a pour nom officiel « "Mulu Wongel Betekiristian" », qui est une traduction littérale de [traduction] « "Église du Plein Évangile" » en tigrigna (ECHRG 22 oct. 2014). Selon le représentant de l'ECHRG, l'Église du Plein Évangile est une [traduction] « Église évangélique pentecôtiste » qui a été établie « bien avant l'indépendance de l'Érythrée » (ibid.). De même, AI précise que l'Église du Plein Évangile est [version française d'AI] « une Église évangélique établie de longue date à Asmara » (AI 5 sept. 2007), [traduction] « mise sur pied il y a des décennies » (ibid. 7 déc. 2005). Selon l'article Cosmologies en collision : conversion pentecôtiste et cultes chrétiens à Asmara (« Cosmologies in Collision: Pentecostal Conversion and Christian Cults in Asmara »), publié dans le journal African Studies Review par Abbebe Kileyesus, un professeur d'anthropologie de l'Université d'Asmara, l'Église Mulu Wongel est une des six branches de l'Église pentecôtiste présentes à Asmara (Kileyesus avr. 2006, 78).

Selon le chef d'équipe chez CSW, [traduction] « l'Église Mulu Wongel est la plus importante Église pentecôtiste en Érythrée, comptant au moins 3 000 membres officiels et de nombreux non-membres » (16 oct. 2014). Le représentant de l'ECHRG a déclaré qu'au moment de la fermeture, en 2002, il y avait deux [traduction] « méga-églises » du Plein Évangile à Asmara, dont une réputée compter plus de 3 000 membres inscrits (ECHRG 22 oct. 2014). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun autre renseignement sur le nombre actuel de membres de l'Église.

3.1 Traitement que réservent les autorités aux membres de l'Église Mulu Wongel

En mai 2002, le gouvernement a ordonné la fermeture de l'Église du Plein Évangile ainsi que d'autres [traduction] « Églises protestantes indépendantes » (R.-U. mars 2009, paragr. 3.6.3; VOM 5 nov. 2003). Des sources signalent qu'en octobre 2003, les autorités gouvernementales ont confisqué le complexe de l'Église du Plein Évangile d'Asmara et qu'elles l'ont scellé (ibid.; CSW 2014, 2), ordonnant aux fidèles et au personnel de l'église de quitter les lieux définitivement (ibid.). Depuis lors, les membres de l'Église Mulu Wongel ne sont pas en mesure de pratiquer leur religion ouvertement (chef d'équipe 16 oct. 2014; ECHRG 22 oct. 2014). Selon des sources, les membres pratiquent leur religion en cachette (AI 7 déc. 2005, 9; ECHRG 22 oct. 2014), y compris dans des logements privés (ibid.).

3.2 Arrestations et détention de membres de l'Église du Plein Évangile à Asmara

3.2.1 Arrestations de pasteurs et de dirigeants de l'Église du Plein Évangile à Asmara de 2004 à 2011

Selon le chef d'équipe chez CSW, l'Église Mulu Wongel est [traduction] « actuellement non enregistrée et lourdement persécutée »; en sa qualité de « plus importante Église pentecôtiste, elle est particulièrement ciblée, et ses dirigeants sont parmi les premiers à être emprisonnés indéfiniment » (chef d'équipe 16 oct. 2014). AI déclare que,

[traduction]

[à] divers moments en 2004, en 2005 et en 2007, un grand nombre de pasteurs de diverses Églises chrétiennes, y compris l'Église du Plein Évangile, ont été arrêtés […] La majorité de ces pasteurs demeurent en détention arbitraire. Aucun d'entre eux n'a été inculpé ni traduit devant un tribunal (mai 2013, 21).

Selon des sources, en mai 2004, deux chefs religieux de l'Église du Plein Évangile ont été arrêtés à Asmara : le révérend Haile Naizge [Naizgi], président de l'Église du Plein Évangile à l'époque, et M. Kuflu [Kiflu] Gebremeskel, président de l'Alliance évangélique érythréenne (CSW 2014, 3; Release International avr. 2006; AI 7 déc. 2005, 11), qui est aussi l'ancien président de l'Église Mulu Wongel (ibid.). Le chef d'équipe a aussi signalé que le révérend Naizge et M. Gebremeskel ont été initialement enfermés dans des cellules du poste de police d'Asmara, qu'ils demeurent prisonniers jusqu'à présent et qu'on soupçonne maintenant qu'ils sont enfermés au secret dans le centre d'enquête Wengel [Wongel] Mermera, à Asmara (chef d'équipe 16 oct. 2014). Selon AI, en date de mai 2013, M. Gebremeskel n'avait pas encore été inculpé ni traduit devant un tribunal, et était retenu en [traduction] « détention arbitraire indéfinie sans contact avec l'extérieur » depuis son arrestation en 2004 (mai 2013, 22).

Le chef d'équipe a déclaré qu'en 2005, 7 des 16 chefs religieux supérieurs emprisonnés venaient de l'Église Mulu Wongel (16 oct. 2014). CSW signale qu'en 2005, les pasteurs Hagos Tuomai, Kidane Gebremeskel, Abraham Belay et Fanuel Mehreteab [Mihreteab], de l'Église du Plein Évangile, ont été arrêtés (CSW 2014, 5). Le pasteur Tuomai a été envoyé au camp militaire Sawa en vue d'une [traduction] « "sanction militaire" », alors que les trois autres pasteurs ont été détenus à la prison de Karchele [à Asmara] (ibid.). Selon CSW, le pasteur Belay a été transféré au camp militaire Wi'a [situé près du port de la mer Rouge de Massawa] pour entreprendre son service militaire (ibid.). World Watch Monitor (WWM), une agence de presse dirigée par Open Doors [4], qui s'attache à mobiliser l'attention sur la persécution des chrétiens (Christianity Today 8 janv. 2013), signale que le pasteur Fanuel Mehreteab a été libéré de la prison Sempel d'Asmara deux ans après son arrestation de janvier 2005 et qu'il a été [traduction] forcé de se défaire de propriétés pour produire la caution requise » (WWM 15 févr. 2007). D'après la même source, M. Mehreteab avait d'abord été enfermé au centre d'enquête Wengel Mermera, puis a été traduit, avec deux autres pasteurs, devant des commandants militaires dans le cadre d'audiences extrajudiciaires qui ont eu lieu en septembre 2005 (ibid.; BosNewsLife 15 févr. 2007).

Des sources signalent que le pasteur supérieur de l'Église du Plein Évangile, Kidane Weldou [Woldu], a aussi été arrêté en 2005 à Asmara (CSW 2014, 6; AI 24 mars 2005; Compass Direct 22 mars 2005). Selon le chef d'équipe de CSW, le révérend Weldou demeure en détention et serait détenu dans le centre d'enquête Wengel Mermera, à Asmara (16 oct. 2014).

La CSW a déclaré que, selon le service de presse Compass Direct News [3], en 2006, [traduction] « au moins 40 pasteurs, aînés et laïcs émérites » des Églises protestantes bannies, y compris l'Église du Plein Évangile, ont été arrêtés à Asmara (CSW 2014, 8). Par ailleurs, des sources ont également fait état, en 2006, de l'arrestation du pasteur Jorjo Gebreab, de l'Église du Plein Évangile (WWM 4 janv. 2006; BosNewsLife 8 janv. 2006).

En 2007, WWM déclarait que les autorités n'avaient annoncé aucune accusation contre les pasteurs et les prêtres qui étaient détenus au centre d'enquête Wengel Mermera et que [traduction] « la plupart [étaient] détenus au secret, les autorités policières refusant même de confirmer leur emplacement » (WWM 15 févr. 2007). En 2007, WWM a déclaré que le pasteur Habtom Tesfamichel, de l'Église du Plein Évangile, avait été arrêté à Asmara et qu'il avait été emprisonné dans le centre d'enquête Wengel Mermera (ibid.).

La CSW déclare qu'en 2009, selon Open Doors, le pasteur Tewelde Hailom, aîné fondateur de l'Église du Plein Évangile d'Asmara, a été placé en résidence surveillée et que 10 autres personnes, y compris son adjoint et des membres de son assemblée de fidèles, ont aussi été détenues (2014, 15).

3.2.2 Arrestations d'autres membres de l'Église du Plein Évangile à Asmara de 2004 à 2011

Des sources font état des autres arrestations et détentions suivantes de membres de l'Église du Plein Évangile pour la période de 2004 à 2011 :

En février 2004, lors du premier incident où des membres de confessions interdites ont été inculpés et des amendes leur ont été imposées, 10 fidèles de l'Église du Plein Évangile ont été arrêtés dans une maison d'Asmara; ils auraient tous été emprisonnés, sauf la propriétaire de la maison, qui a reçu une amende pour avoir tenu une [traduction] « assemblée illicite » dans son domicile (CSW 2014, 2).

En 2004 également, deux femmes appartenant à l'Église du Plein Évangile d'Asmara ont été appréhendées à Asmara et amenées dans le camp militaire Mai Serwa [situé près d'Asmara] (ibid., 4).

En 2005, 45 membres de l'Église du Plein Évangile d'Asmara ont été appréhendés lors d'une prière tenue dans un domicile privé; 16 ont été conscrits dans l'armée, alors que les autres ont été libérés après quelques semaines (ibid., 5).

En 2007, 10 hommes et femmes appartenant à l'Église du Plein Évangile ont été arrêtés alors qu'ils pratiquaient leur culte en privé chez un particulier à Asmara; ils seraient détenus au secret à la prison de Karchele, sans inculpation ni procès (AI 5 sept. 2007).

En 2008, un membre de l'Église du Plein Évangile qui avait été appréhendé [traduction] « pour cause de sa religion » alors qu'il participait à une assemblée de prière a succombé à la malaria dans le camp militaire érythréen Wi'a; les gardiens de prison lui auraient refusé des soins médicaux (CSW 2014, 13) [5].

3.2.3 Arrestations de membres de l'Église du Plein Évangile à Asmara de 2012 à 2014

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d'information sur les cas récents d'arrestation et de détention de membres de l'Église Mulu Wongel à Asmara. Selon le chef d'équipe chez CSW, en ce qui concerne l'Église Mulu Wongel, [traduction] « [l]a persécution et les arrestations se poursuivent toujours; le gouvernement cherche à infiltrer les réseaux religieux clandestins et à procéder à des arrestations, et quand il y a des arrestations, celles-ci sont très nombreuses » (chef d'équipe 16 oct. 2014). La Voix des martyrs (Voice of the Martyrs - VOM), une ONG chrétienne pluriconfessionnelle qui prodigue une aide aux chrétiens persécutés dans le monde (VOM s.d.), déclare que, selon Release International [6], plus de 20 chrétiens ont été arrêtés à Asmara en janvier 2013, y compris des chefs religieux de l'Église du Plein Évangile (VOM 31 janv. 2013).

Selon le représentant de l'ECHRG, [traduction] « [d]es milliers de personnes languissent dans des prisons souterraines pour la simple raison qu'elles étaient ou sont des fidèles de l'Église Mulu Wongel »; « pas plus tard que cette année, [en] février, mars et avril 2014, il a été fait état de descentes dans des assemblées clandestines [de membres de l'Église] : des centaines d'hommes, de femmes, d'aînés et d'enfants ont été mis en prison », bon nombre d'entre eux s'y trouvant encore (ECHRG 22 oct. 2014). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement allant dans le même sens.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Notes

[1] Le chef d'équipe pour l'Afrique et le Moyen-Orient chez CSW axe ses travaux sur l'Érythrée depuis 2002. Il a présenté des exposés sur la liberté religieuse en Érythrée devant le Parlement européen, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et le Congrès des États-Unis.

[2] L'ECHRG, aussi appelé « Hidmona », a été créé en 2009 par des Canadiens d'origine érythréenne afin de mieux faire connaître les violations des droits de la personne [traduction] « perpétrées par le gouvernement érythréen envers les citoyens » (ECHRG s.d.).

[3] Compass Direct News était un service de presse sur la situation des chrétiens persécutés en raison de leur religion (Eurasia Review s.d.). Ce service était exploité par Open Doors, mais a cessé toute activité en 2011 (Christianity Today 8 janv. 2013).

[4] Open Doors est une organisation internationale qui soutient, partout dans le monde, les chrétiens qui sont persécutés et qui défend leurs intérêts (Open Doors s.d.).

[5] Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun renseignement indiquant si cette personne avait été initialement appréhendée à Asmara avant d'être transférée au camp militaire.

[6] Release International [traduction] « sert l'Église persécutée dans le monde » en « prodiguant un soutien aux pasteurs persécutés et à leur famille », « en offrant un leadership et une formation théologique », en fournissant des bibles et des documents chrétiens, et en menant campagne « au nom des chrétiens persécutés » (Release International s.d.).

Références

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_____. 24 mars 2005. « Prisoner of Conscience/Torture or Ill-treatment/Detention Without Charge ». (AFR 64/003/2005) [Date de consultation : 3 oct. 2014]

BosNewsLife. 15 février 2007. « Eritrea Government Detains Full Gospel Church Leader and Muslims; Releases Others ». [Date de consultation : 27 oct. 2014]

_____. 8 janvier 2006. « Eritrea Arrests Dozens of Church Leaders ». [Date de consultation : 15 oct. 2014]

Chef d'équipe, Afrique et Moyen-Orient, Christian Solidarity Worldwide (CSW). 16 octobre 2014. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Christian Solidarity Worldwide (CSW). 2014. Catalogue of Religious Persecution Since 2003. Envoyé à la Direction des recherches par le chef d'équipe, Afrique et Moyen-Orient, CSW.

_____. S.d. « About ». [Date de consultation : 24 oct. 2014]

Christianity Today. 8 janvier 2013. Melissa Steffan. « Persecuted Christians Have New Allies: World Watch Monitor and Morning Star News ». [Date de consultation : 27 oct. 2014]

Compass Direct News. 22 mars 2005. « Prominent Eritrean Pastor Disappears in Asmara ». [Date de consultation : 15 oct. 2014]

Eritrean-Canadian Human Rights Group (ECHRG) in Manitoba. 22 octobre 2014. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches par un représentant.

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États-Unis (É.-U.). 30 avril 2014. US Commission on International Religious Freedom (USCIRF). « Eritrea ». Annual Report 2014. [Date de consultation : 15 oct. 2014]

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Kileyesus, Abbebe. Avril 2006. « Cosmologies in Collision: Pentecostal Conversion and Christian Cults in Asmara ». African Studies Review. Vol. 49, no 1.

Nations Unies. 28 mai 2013. Conseil des droits de l'homme. Report of the Special Rapporteur on the Situation of Human Rights in Eritrea, Sheila B. Keetharuth. (A/HRC/23/53) [Date de consultation : 14 oct. 2014]

Open Doors. S.d. « Advocacy ». [Date de consultation : 27 oct. 2014]

Release International. Avril 2006. « Prisoners of Faith: Haile Naizgi, Dr Kiflu Gebremeskel, Country: Eritrea ». [Date de consultation : 14 oct. 2014]

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Royaume-Uni (R.-U.). Mars 2009. Home Office. Operational Guidance Note: Eritrea. [Date de consultation : 24 oct. 2014]

Voice of the Martyrs (VOM). 31 janvier 2013. « More than 20 Church Leaders Recently Arrested ». [Date de consultation : 15 oct. 2014]

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_____. S.d. « About VOM ». [Date de consultation : 21 oct. 2014]

World Evangelical Alliance (WEA). 29 novembre 2010. « WEA-RLC Report: Tackling the Root Cause of Christian Persecution in Eritrea ». [Date de consultation : 16 oct. 2014]

World Watch Monitor (WWM). 30 mai 2013. « In Eritrea, "Persecution Greater than Ever and Getting Worse" ». [Date de consultation : 14 oct. 2014]

_____. 15 février 2007. « Authorities Arrest Founder of Full Gospel Church ». [Date de consultation : 16 oct. 2014]

_____. 4 janvier 2006. « Government Rounds Up Leaders from Five Churches ». [Date de consultation : 16 oct. 2014]

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre dans les délais voulus les personnes et les organisations suivantes ont été infructueuses : ancien professeur, Asmara University; Amnesty International; Eritrean Evangelical Church, Washington, DC; Full Gospel Eritrean Church, Stockholm; Human Rights Watch; International Christian Concern; Mulu Wongel Believers Fellowship Network; Open Doors Canada; professeur, Centre for Law and Religion, Cardiff University, R.-U.; professeur de droit en matière de droits de la personne, University of Pretoria; World Evangelical Alliance.

Les personnes et les organisations suivantes n'ont pas pu fournir de renseignements : Association of Evangelicals in Africa; professeur de droit international et de droits de la personne, Emory University, Georgia; Voice of the Martyrs, Canada.

Sites Internet, y compris : African Human Rights Law Journal; Agence France-Presse; Alenalki; Al Jazeera; AllAfrica.com; Asmarino Independent; Asylum Information Database; BBC; Christian Science Monitor; ecoi.net; Erigazette.org; Eritrea Daily; É.-U. - Central Intelligence Agency's World Factbook; Factiva; Fédération internationale des ligues des droits de l'homme; Freedom House; Human Rights Concern - Érythrée; Human Rights Without Frontiers; International Crisis Group; Ireland Refugee Documentation Centre; Minority Rights Group International; Missionary Service News Agency; Mission Network News; Le Monde diplomatique; Nations Unies - Haut-Commissariat aux droits de l'homme, Refworld, Reliefweb, Réseaux d'information régionaux intégrés; Radio Free Europe/Radio Liberty; Release-Eritrea.com; R.-U. - Home Office; US Committee for Refugees and Immigrants; Worthy News.

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