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Érythrée : information sur le traitement que réservent les autorités aux chrétiens, y compris les confessions que l'État ne reconnaît pas (2011-août 2013)

Publisher Canada: Immigration and Refugee Board of Canada
Publication Date 12 September 2013
Citation / Document Symbol ERI104541.EF
Related Document(s) Eritrea: Treatment of Christians by the authorities, including denominations not recognized by the state (2011-August 2013)
Cite as Canada: Immigration and Refugee Board of Canada, Érythrée : information sur le traitement que réservent les autorités aux chrétiens, y compris les confessions que l'État ne reconnaît pas (2011-août 2013), 12 September 2013, ERI104541.EF, available at: http://www.refworld.org/docid/5249719e4.html [accessed 17 July 2018]
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1. Aperçu

Des sources précisent que les Érythréens sont divisés presque à parts égales entre chrétiens et musulmans (PHW 2012; International Crisis Group 21 sept. 2010, 17). On peut lire dans l'International Religious Freedom Report 2012 du Département d'État des États-Unis qu'il n'existe [traduction] « pas de statistiques fiables sur l'appartenance religieuse » bien que, d'après une ONG internationale citée dans le rapport, en 2010, environ 63 p. 100 de la population était chrétienne (É.-U. 17 mai 2013, 1). On ajoute également dans le rapport que, d'après l'ONG,

[traduction]

les chrétiens orthodoxes représentent environ 57 p. 100 de la population, les catholiques, 4 p. 100, et les protestants - y compris les membres de l'Église évangélique luthérienne, les baptistes, les presbytériens, les témoins de Jéhovah, les pentecôtistes, ainsi que les membres d'autres églises sans affiliation internationale - 1 p. 100. Il se peut que 2 p. 100 de la population soit animiste (ibid.).

Des sources affirment que l'Église érythréenne orthodoxe est la plus grande confession chrétienne du pays (É.-U. avr. 2013, 63; OCP 25 janv. 2012).

Selon l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis, en août 2011, les États-Unis ont maintenu la désignation de l'Érythrée comme [traduction] « pays suscitant une inquiétude particulière au titre de la loi sur la liberté de religion dans le monde (International Religious Freedom Act - IRFA) » (É.-U. 17 mai 2013, 1). L'Érythrée a d'abord été désignée ainsi en 2004 en raison de [traduction] « violations particulièrement graves de la liberté de religion » (ibid.). Le 21 août 2013, un chef d'équipe pour l'Afrique et le Moyen-Orient de Christian Solidarity Worldwide (CSW), une organisation de défense des droits qui veille à la liberté de religion (CSW s.d.), a fait parvenir à la Direction des recherches un discours qu'il a prononcé à la deuxième séance d'un séminaire intitulé Séminaire sur les droits de la personne en Corée du Nord et en Érythrée (A Human Rights Seminar on North Korea and Eritrea), qui a eu lieu à l'Université de Londres le 31 mai 2013. Dans son discours, il déclarait que [traduction] « le régime érythréen est depuis longtemps idéologiquement antipathique envers la religion, quelle qu'elle soit; il semble considérer l'appartenance religieuse comme une allégeance compétitive et dangereuse ainsi qu'une source de division nationale » (CSW 31 mai 2013). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun autre renseignement allant dans ce même sens.

2. Confessions non reconnues par l'État

Le gouvernement de l'Érythrée reconnaît officiellement les quatre groupes religieux suivants : l'Église érythréenne orthodoxe [copte (É.-U. avr. 2013, 64)], l'islam sunnite, l'Église catholique romaine et l'Église évangélique luthérienne (É.-U. avr. 2013, 64; Freedom House 2013; Human Rights Watch 2013, 110). L'International Crisis Group affirme que tous les autres groupes religieux sont [traduction] « considérés comme dangereux, antipatriotiques et "étrangers" » (21 sept. 2010, 11).

Des sources signalent qu'en 2002, le gouvernement a adopté un système d'enregistrement des groupes religieux non reconnus (É.-U. avr. 2013, 64; AI mai 2013, 21). Conformément à ce système, les groupes religieux doivent fournir au gouvernement des renseignements détaillés à propos de leurs finances et de leurs membres (ibid.; É-U. avr. 2013, 64). CSW explique que l'enregistrement comprend [traduction] « des demandes de détails intimes sur la vie des membres du groupe confessionnel [ce pourquoi] de nombreux groupes hésitent à s'y conformer » (31 mai 2013). Selon des sources, certains groupes religieux, comme l'Église presbytérienne et l'Église adventiste du septième jour, ont tenté de s'enregistrer sans succès (É.-U. avr. 2013, 64; CSW juin 2013, 3). CSW affirme que l'Église adventiste du septième jour a déposé une demande il y a des [traduction] « années » et qu'elle attend toujours l'approbation du gouvernement (31 mai 2013). Des sources précisent que le gouvernement n'a encore enregistré aucun groupe religieux (É.-U. avr. 2013, 64; AI mai 2013, 21; Human Rights Watch 2013, 110). La Commission des États-Unis sur la liberté religieuse dans le monde (US Commission on International Religious Freedom - USCIRF) signale que les groupes non enregistrés n'ont aucun fondement juridique pour pratiquer leur religion en public (É.-U. avr. 2013, 64), et on ajoute dans l'International Religious Freedom Report 2012 que ces groupes doivent [traduction] « cesser toute activité » (É.-U. 17 mai 2013, 2). Selon la présentation de CSW au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies dans le cadre de l'Examen périodique universel sur l'Érythrée qu'a fait parvenir à la Direction des recherches le chef d'équipe pour l'Afrique et le Moyen-Orient de CSW, toutes les églises qui n'étaient pas rattachées aux confessions reconnues ont été fermées le 15 mai 2002 (juin 2013, 3). L'USCIRF fait également observer que des lieux de culte appartenant à des groupes religieux non reconnus ont été fermés (É.-U. avr. 2013, 64).

3. Traitement que réservent les autorités gouvernementales aux chrétiens non reconnus

Des sources signalent que toute activité religieuse de groupes non reconnus est interdite (Winnipeg Free Press 24 août 2012; É.-U. avr. 2013, 64). Selon l'International Religious Freedom Report 2012, les adeptes de religions non enregistrées [traduction] « ont généralement eu de la difficulté à obtenir un passeport et un visa de sortie » (É.-U. 17 mai 2013, 6). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun autre renseignement allant dans ce même sens.

L'USCIRF affirme que le traitement réservé aux fidèles de religions non enregistrées est [traduction] « particulièrement dur pour les témoins de Jéhovah et les membres d'autres petits groupes religieux jugés avec désapprobation, comme les chrétiens évangéliques et pentecôtistes » (É.-U. avr. 2013, 63).

3.1 Arrestations et détentions

Des sources font état d'arrestations d'adeptes de religions non reconnues (Human Rights Watch 2013, 111; R.-U. 31 mars 2013). Amnesty International (AI) explique que, depuis 2002, [traduction] « des milliers d'adeptes de religions non reconnues par l'État, y compris les confessions chrétiennes pentecôtistes et évangéliques, ont été arrêtés pour avoir pratiqué leur religion [et des cas d'arrestation] sont régulièrement signalés » (mai 2013, 21). Les estimations du nombre de chrétiens incarcérés en 2013 varient selon les sources, allant de 1 200 (OpenDoors 30 mai 2013) à 2 500 et 3 000 (CSW juin 2013, 4). D'après AI, les arrestations ont souvent lieu pendant des rassemblements religieux dans des maisons privées, pendant des mariages ou à des funérailles (mai 2013, 21).

Selon le 2012 Foreign and Commonwealth Office Report du Royaume-Uni, il y a eu [traduction] « cette année, des arrestations massives de membres de confessions chrétiennes non autorisées par l'État » (R.-U. 31 mars 2013). L'USCIRF fait également état [traduction] « [d'] arrestations massives » pendant la période visée par son rapport, soit du 31 janvier 2012 au 31 janvier 2013 (É.-U. avr. 2013, 65). OpenDoors USA, un [traduction] « organisme religieux international sans but lucratif qui appuie les chrétiens persécutés et les aide à se remettre sur pied » (s.d.), signale que de janvier 2013 à mai 2013, 191 chrétiens ont été arrêtés (30 mai 2013). Des sources font état de plusieurs arrestations en 2012 et en 2013, y compris l'arrestation de :

17 chrétiens qui priaient dans une maison alors que celle-ci a fait l'objet d'une descente en octobre 2012 (Freedom House 2013; É.-U. avr. 2013, 65). L'USCIRF affirme que cet événement s'est produit dans [le village d'] Emba-Derho (ibid.);

21 évangéliques qui priaient le Vendredi saint en 2012 et qui, le 31 janvier 2013, étaient toujours en détention (ibid.);

[traduction] « plusieurs pasteurs protestants » (ibid., 65);

17 chrétiens [dans la ville de] Keren en mars 2013 (É.-U. 17 mai 2013, 4; CSW juin 2013, 4);

20 chrétiens de diverses églises le 17 janvier 2013, dont la plupart ont été arrêtés à leur domicile (CSW juin 2013, 3);

125 chrétiens en mars 2013 (BosNewsLife 5 mars 2013; CSW juin 2013, 3, 4), qui, selon CSW, ont été arrêtés lors de descentes à leur domicile et dans des entreprises [dans la ville de] Barentu (CSW juin 2013, 3);

37 étudiants chrétiens du Collège des Arts et des Sciences sociales à Adi Kihe en mai 2013 (OpenDoors 30 mai 2013);

39 étudiants chrétiens du secondaire en juillet 2013, qui, d'après OpenDoors USA, sont détenus au centre de formation militaire de Sawa (OpenDoors 25 juill. 2013).

Des sources expliquent que la plupart des chrétiens détenus ne font l'objet d'aucune accusation officielle (É.-U. avr. 2013, 64; AI mai 2013, 21; CSW juin 2013, 4). On peut lire dans l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis que, parfois, les personnes détenues en raison de leur croyance religieuse sont [traduction] « officieusement » accusées de menace à la sécurité nationale (É.-U. 17 mai 2013, 3). Des sources affirment que les personnes détenues pour des motifs religieux sont souvent incapables d'obtenir les services d'un conseiller juridique (É.-U. avr. 2013, 64; AI mai 2013, 21).

Plusieurs sources signalent que des prisonniers chrétiens ont été [traduction] « torturés » (É.-U. avr. 2013, 64; AI mai 2013, 23; Human Rights Watch 2013, 111). De plus, selon des sources, des prisonniers ont été contraints d'abjurer, parfois pour pouvoir être libérés (É.-U. avr. 2013, 64; AI mai 2013, 23). Les chrétiens sont détenus à court terme ou à long terme (É.-U. avr. 2013, 64; AI mai 2013, 21). AI affirme que la détention pouvait durer des semaines, des mois ou de [traduction] « longues périodes » et ajoute que certaines personnes ont été mises à l'arrêt arbitrairement pendant 20 ans (ibid.). Des sources expliquent que certains des prisonniers sont détenus dans des conteneurs en métal et dans des cellules souterraines (ibid., 23; CSW juin 2013, 4).

Des sources font état de décès de chrétiens en prison (AI mai 2013, 22; Freedom House 2013; Human Rights Watch 2013, 111). Freedom House signale la mort de trois chrétiens en prison en 2011, y compris un témoin de Jéhovah (2013), et Human Rights Watch fait état de la mort d'un témoin de Jéhovah en prison en 2012 (2013, 111). Des chrétiens seraient morts en prison après avoir subi des [traduction] « actes de torture » (CSW juin 2013, 4), parce qu'ils n'avaient pas reçu de soins médicaux (ibid.; É.-U. avr. 2013, 64) ou parce qu'ils n'ont pas renoncé à leur religion (ibid.).

D'après l'USCIRF, [traduction] « beaucoup de personnes fuient la persécution religieuse, y compris les chefs religieux forcés d'effectuer leur service national malgré leurs objections religieuses. Les chrétiens pentecôtistes représentent un grand pourcentage de ces cas, suivis des témoins de Jéhovah. » (É.-U. avr. 2013, 67).

3.2 Témoins de Jéhovah

Des sources signalent que les autorités gouvernementales réservent un [traduction] « traitement dur » aux témoins de Jéhovah (AI mai 2013, 22; É.-U. 17 mai 2013, 5). D'après l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis, ce serait en raison de leur objection à porter les armes (ibid.). AI expliquent que des témoins de Jéhovah qui ont fait valoir leur objection de conscience au service militaire ont été arrêtés et détenus arbitrairement (AI mai 2013, 22). On peut lire dans l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis que le gouvernement [traduction] « aurait sanctionné des témoins de Jéhovah et d'autres personnes qui n'ont pas effectué leur service militaire national pour des motifs d'ordre religieux en leur refusant l'accès à des services et à des avantages gouvernementaux, comme des cartes de rationnement » (É.-U. 17 mai 2013, 5). L'USCIRF affirme que le [traduction] « gouvernement exige la participation à un programme de formation militaire pour l'obtention du diplôme d'études secondaires, sans offrir d'option de service non militaire, ce qui, dans les faits, prive les jeunes témoins de Jéhovah de possibilités en matière d'éducation et d'emploi » (É.-U. avr. 2013, 65). L'USCIRF ajoute que certains enfants de témoins de Jéhovah ont été expulsés de leur école parce qu'ils ne [traduction] « saluent pas le drapeau ou [qu'ils] ne paient pas l'inscription à l'organisation nationale pour les jeunes et les étudiants qui est autorisée par l'État » (É.-U. avr. 2013, 65). D'après AI, des témoins de Jéhovah ont aussi été détenus pour avoir pratiqué une religion non reconnue (mai 2013, 22).

Des sources déclarent que le gouvernement a révoqué les droits de citoyenneté des témoins de Jéhovah (É.-U. avr. 2013, 63; CSW juin 2013, 3). Des sources précisent également que, conformément à un décret présidentiel pris en 1994, les témoins de Jéhovah ne peuvent pas obtenir ce qui suit :

un emploi dans la fonction publique (É.-U. avr. 2013, 65; CSW 31 mai 2013);

un permis d'entreprise (ibid.; É.-U. avr. 2013, 65);

une carte d'identité (ibid.; CSW 31 mai 2013) et, par conséquent, l'enregistrement d'un mariage, de l'achat d'un terrain (ibid.; É.-U. avr. 2013, 65) et d'une naissance (CSW 31 mai 2013);

un titre de voyage (ibid.; É.-U. avr. 2013, 65).

Le 31 mai 2013, dans le discours qu'il a prononcé à l'Université de Londres, le chef d'équipe pour l'Afrique et le Moyen-Orient de CSW a aussi dit qu'une fois le décret promulgué, les témoins de Jéhovah ne pouvaient plus avoir accès aux [traduction] « logements, écoles, hôpitaux ou autres services généralement à la disposition des citoyens érythréens » (CSW 31 mai 2013). On peut lire dans l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis que les autorités locales [traduction] « ont parfois refusé des services communautaires aux témoins de Jéhovah » (É.-U. 17 mai 2013, 5).

AI explique qu'en avril 2013, 56 témoins de Jéhovah étaient en détention (mai 2013, 22), et Human Rights Watch affirme d'ailleurs qu'au moment de la publication de son rapport, 56 témoins de Jéhovah étaient en détention (2013, 111). Human Rights Watch précisent que 12 témoins de Jéhovah ont été arrêtés en 2012 pendant des funérailles (2013, 11).

3.3 Chrétiens évangéliques et pentecôtistes

D'après l'USCIRF, le gouvernement [traduction] « s'en prend souvent » aux chrétiens évangéliques et pentecôtistes (É.-U. avr. 2013, 66). L'USCIRF ajoute que

[traduction]

des représentants du gouvernement ont reproché aux confessions chrétiennes « non traditionnelles » de se livrer à de l'évangélisation, ce qui, selon leurs dires, entraînerait des divisions au sein de la société et serait contraire aux traditions culturelles du pays. Le régime craint également que les coreligionnaires aux États-Unis encouragent ces communautés religieuses à s'élever contre la règle antidémocratique du gouvernement. Des réfugiés ont dit à l'USCIRF que les représentants du gouvernement qualifient souvent les chrétiens évangéliques et pentecôtistes d'agents de la CIA, et que ceux-ci sont fréquemment victimes de discrimination en matière d'emploi et de logement (ibid.).

Selon l'USCIRF, la [traduction] « grande majorité » des personnes détenues du fait qu'elles appartiennent à une religion non reconnue sont des chrétiens évangéliques ou pentecôtistes (ibid., 64). Dans l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis, on peut lire que les autorités locales [traduction] « ont parfois refusé des services communautaires aux [...] membres de groupes pentecôtistes » (É.-U. 17 mai 2013, 5).

4. Traitement que réservent les autorités aux chrétiens reconnus

D'après l'USCIRF, les quatre groupes religieux reconnus sont incapables de mener librement leurs activités et sont maintenus sous surveillance (É.-U. avr. 2013, 64, 66). L'USCIRF explique également que, tous les six mois, les groupes religieux reconnus doivent présenter un [traduction] « rapport d'activités » au gouvernement (ibid., 66). Selon l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis, les groupes religieux doivent obtenir l'approbation du gouvernement pour la construction de lieux de culte (É.-U. 17 mai 2013, 3). AI signale que des adeptes de religions approuvées par l'État ont aussi été arrêtés, dont des membres de l'Église érythréenne orthodoxe (mai 2013, 23).

L'USCIRF souligne que le gouvernement contrôle les affaires internes des quatre religions reconnues, en particulier l'Église érythréenne orthodoxe (É.-U. avr. 2013, 63).

4.1 Église érythréenne orthodoxe

L'USCIRF signale qu'en 2005, le gouvernement a révoqué l'exemption du service national obligatoire qui avait été accordée aux prêtres, moines et diacres orthodoxes, ce qui a fait hausser l'opposition de l'Église envers les politiques du gouvernement (É.-U. avr. 2013, 66). L'USCIRF affirme que [traduction] « les forces de sécurité ont commencé à s'en prendre aux réformistes de l'Église orthodoxe, en arrêtant des militants religieux et en empêchant leurs rassemblements » (ibid.). L'USCIRF ajoute que, selon l'Archidiocèse nord-américain de l'Église érythréenne orthodoxe, plus de 1 700 membres du clergé orthodoxe ont été [traduction] « forcés de quitter leur église; 24 ont notamment été emprisonnés, 14 se sont vu interdire d'entrer sur les lieux appartenant à l'Église érythréenne orthodoxe et 7, de quitter Asmara. Des centaines d'entre eux ont fui le pays. » (É.-U. avr. 2013, 66). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a trouvé aucun autre renseignement allant dans ce même sens.

D'après l'Orthodoxy Cognate PAGE (OCP), un réseau de médias qui publie de l'information sur l'Église orthodoxe (s.d.), plusieurs églises orthodoxes situées dans des régions rurales de l'Érythrée ont fermé leurs portes, principalement par manque de membres du clergé (25 janv. 2012). CSW signale [traduction] « [qu'] environ 1 500 églises seraient sur le point de fermer » (juin 2013, 4).

Des sources affirment que le gouvernement a nommé un administrateur pour l'Église orthodoxe (AI mai 2013, 23; É.-U. avr. 2013, 66), qui, selon l'USCIRF, [traduction] « gère les affaires de l'Église et contrôle ses finances [mais] il ne s'agit pas d'un membre du clergé orthodoxe » (ibid.). Dans l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis, on ajoute que le gouvernement a aussi nommé des [traduction] « personnes à des postes de niveau inférieur » (É.-U. 17 mai 2013, 6).

Des sources signalent qu'Abune Antonios, un ancien patriarche orthodoxe qui a été arrêté en 2006, est toujours assigné à domicile (AI mai 2013, 23; Freedom House 2013; É.-U. 17 mai 2013, 6). D'après l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis, le patriarche a été arrêté pour avoir protesté contre l'ingérence du gouvernement dans les affaires ecclésiastiques (ibid.), alors qu'AI affirme qu'il a été arrêté pour s'être élevé contre l'arrestation de trois prêtres orthodoxes et pour avoir refusé de collaborer avec le gouvernement relativement à la fermeture d'une église (mai 2013, 23). Selon BosNewsLife, agence de presse chrétienne indépendante, des prêtres qui soutiennent le patriarche seraient en détention (5 mars 2013).

5. Chrétiens dans le service militaire

Selon l'International Religious Freedom Report 2012 des États-Unis, le gouvernement de l'Érythrée n'offre aucun service militaire de rechange aux objecteurs de conscience; ainsi, les fidèles qui ne veulent pas porter d'armes [traduction] « ne respectent pas les exigences liées à la citoyenneté » (É.-U. 17 mai 2013, 5).

L'USCIRF précise que les soldats n'ont pas le droit de participer à des activités religieuses (ibid. avr. 2013, 64). Des sources expliquent que les soldats qui possèdent des ouvrages religieux, comme la Bible, sont punis (ibid.; AI mai 2013, 21). AI affirme que des conscrits ont été mis en détention pour avoir lu la Bible ou avoir prié (mai 2013, 21).

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Amnesty International (AI). Mai 2013. Eritrea: 20 Years of Independence, but Still No Freedom. [Date de consultation : 22 août 2013]

BosNewsLife. 24 août 2013. « India Christian Mother Nearly Cut Into Pieces for Faith ». [Date de consultation : 26 août 2013]

_____. 5 mars 2013. Stefan J. Bos. « Eritrea Jails 125 Christians in Campaign Against "Illegal" Worship ». [Date de consultation : 23 août 2013]

Christian Solidarity Worldwide (CSW). Juin 2013. Christian Solidarity Worldwide Stakeholder Submission to the 18th Session of the Universal Periodic Review. Envoyé à la Direction des recherches par le chef d'équipe de l'Afrique et le Moyen Orient de CSW.

_____. 31 mai 2013. Chef d'équipe, Afrique et Moyen-Orient. « The Human Rights Situation and Religious Freedom in Eritrea ». A Human Rights Seminar on North Korea and Eritrea. University of London. Envoyé à la Direction des recherches par le chef d'équipe de l'Afrique et du Moyen-Orient de CSW.

_____. S.d. « About Us ». [Date de consultation : 12 sept. 2013]

États-Unis. Avril 2013. U.S. Commission on International Religious Freedom (USCIRF). Annual Report of the U.S. Commission on International Religious Freedom 2013. [Date de consultation : 12 août 2013]

______17 mai 2013. Department of State. « Eritrea ». International Religious Freedom Report 2012. [Date de consultation : 12 août 2013]

Freedom House. 2013. « Eritrea ». Freedom in the World 2013. [Date de consultation : 23 août 2013]

Human Rights Watch. 2013. « Eritrea ». World Report 2013: Events of 2012. [Date de consultation : 23 août 2013]

International Crisis Group. 28 mars 2013. Eritrea: Scenarios for Future Transition. Africa Report No. 200. [Date de consultation : 23 août 2013]

_____. 21 septembre 2010. Eritrea: the Siege State. Africa Report No. 163. [Date de consultation : 23 août 2013]

OpenDoors. 25 juillet 2013. « 39 Eritrean Christian Students Imprisoned for their Faith ». [Date de consultation : 27 août 2013]

_____. 30 mai 2013. « Persecution in Eritrea at its Highest Level Ever ». [Date de consultation : 26 août 2013]

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Orthodoxy Cognate PAGE (OCP). 25 janvier 2012. « The Detained Patriarch, Persecurted Christians and a Dying Church ». [Date de consultation : 23 août 2013]

_____. S.d. « About OCP Media Network ». [Date de consultation : 26 août 2013]

Political Handbook of the World 2012 (PHW). 2012. « Eritrea ». Sous la direction de Tom Lansford. Washington, DC: CQ Press.

Royaume-Uni (R.-U.). 31 mars 2013. « Country Updates: Eritrea ». 2012 Foreign and Commonwealth Office Report. [Date de consultation : 23 août 2013]

Winnipeg Free Press. 24 août 2012. Carol Sanders. « Catholic Church Upsets Group - Rented Parish Hall to Eritrean Regime - Locals Warned Officials of Abuses ». (Factiva)

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre les organisations suivantes dans les délais voulus ont été infructueuses : Alliance of Eritrean Evangelical Christians in the UK; Human Rights Concern - Érythrée; Suwera Centre for Human Rights.

Sites Internet, y compris : Al Jazeera; Asmarino; Christianity Today; ecoi.net; Érythrée - Ministry of Information; Factiva; Nations Unies - Refworld.

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